( Ian Bussières -
Le Soleil ) -
(Québec) - Selon le Dr Fernand Labrie, ex-président du comité de candidature de Québec aux Jeux olympiques d'hiver de 2010, la nomination de Me Marcel Aubut à la tête du Comité olympique canadien (COC) est une étape de plus vers la venue des Jeux d'hiver dans la capitale.
«Oui, c'est une étape vers ça car je ne vois pas pourquoi on n'aurait pas les Jeux olympiques à Québec! Ce n'est qu'une question de temps», déclare au bout du fil le directeur du centre de recherche du CHUL, qui voit aussi dans les Jeux de Vancouver une occasion de mousser la candidature de la capitale.
«En 2010, beaucoup d'athlètes qui remporteront des médailles proviendront de l'est du Canada. Plus les athlètes du Québec remporteront de médailles, plus ça donnera de poids à une éventuelle candidature de Québec», explique le médecin.
Un atout
Pour lui, la présence de Marcel Aubut à la tête du COC contribuera aussi à mieux faire connaître la région. «Il arrive là avec toute la réputation qu'il s'est bâtie en région. C'est sûr que ça donne un coup de pouce. Michael Chambers était un excellent bonhomme, mais il ne connaissait pas Québec comme Marcel, explique-t-il.
«Autour de la table, il y a 10 personnes et on a beau vouloir demeurer objectif, il n'y a rien qui se passera que Marcel ne verra pas», explique le Dr Labrie, ajoutant qu'il ne croyait pas que le fameux «devoir de réserve» du président du COC ne nuise à une éventuelle candidature de Québec.
«Marcel est quelqu'un qui aime beaucoup le mouvement olympique, qui est dynamique et a beaucoup d'énergie. La région de Québec méritait de voir quelqu'un comme lui obtenir ce poste, et les athlètes d'ici aussi.»
Sur l'épineuse question du moment où la capitale devrait à nouveau tenter sa chance pour obtenir les Jeux, l'ex-président de Québec 2010 penche vers 2022.
«En 2018, il sera très difficile d'y arriver en raison de la trop grande proximité des Jeux de 2010 en territoire canadien. Si on y va à ce moment-là, ce sera davantage pour faire acte de présence», fait-il remarquer.
D'autres données inconnues peuvent cependant peser dans la balance, selon le Dr Labrie. «C'est certain que 2022 demeure la possibilité la plus intéressante, mais le choix de la ville hôtesse des Jeux d'été de 2016, pour lesquels Chicago est sur les rangs, aura également un impact.» Il ne faut pas non plus oublier Toronto, qui postule pour les Jeux panaméricains de 2015. «Si le comité de candidature de Toronto réussit sa mission, il sera peut-être ensuite tenté d'essayer d'avoir les Jeux olympiques d'été», poursuit le Dr Labrie.
Peu importe, Québec devra toujours se tenir prête, selon lui. «Québec peut faire les Jeux et doit les faire car ça lui apporterait tellement de visibilité et de profit. Si on pose notre candidature, il faudra également continuer en cas d'échec car je suis convaincu que Québec aurait eu les Jeux de 2010 si elle était demeurée dans la course en 2006 après l'échec de 2002», conclut-il.
Des championnats mondiaux d'abord
Fort satisfait de voir son ami Marcel Aubut accéder à la présidence du Comité olympique canadien (COC), l'ancien vice-président exécutif de Québec 2002, le Dr Jean Grenier, continue de croire que d'éventuels Jeux olympiques d'hiver à Québec passent par la venue de championnats mondiaux.
«Dès l'an prochain, il faut essayer d'amener des championnats du monde de sports d'hiver à Québec. Souvent, ces compétitions sont prévues quelques années à l'avance, mais il faut se tenir à l'affût quand des championnats deviennent disponibles», explique celui qui est également membre du comité exécutif du COC.
«Il faut avoir un plan, chaque petit pas nous permettra d'avancer», ajoute-t-il en rappelant que la capitale a déjà présenté des championnats mondiaux dans presque toutes les disciplines olympiques hivernales.
«Il y a entre autres eu le hockey, le patinage de vitesse sur courte piste et le patinage de vitesse sur longue piste. En fait, il n'y a que le ski nordique, le bobsleigh et la luge pour lesquels nous ne possédons pas déjà des installations», poursuit le médecin.
Une candidature olympique passe cependant également par une amélioration des équipements existants et, pour cet ex-président de Patinage de vitesse Canada, le dossier de l'anneau de glace Gaétan-Boucher demeure prioritaire.
«Aujourd'hui, ce n'est presque plus possible d'avoir des championnats du monde sur longue piste sans un anneau couvert. Si ça ne se fait pas, il n'y aura bientôt plus de Québécois dans l'équipe nationale. En 1984, l'équipe canadienne de patinage de vitesse était à 100 % québécoise et on parle de 5 % actuellement. Il faut rattraper ça», enchaîne-t-il.
Dans ce contexte, la présence d'un homme de la trempe de Marcel Aubut à la tête du COC doit être vue de façon très positive. «Il est l'homme qu'il faut pour ramener notre comité olympique au niveau de ceux des autres pays et pour faire face aux années difficiles qui s'en viennent, alors que le financement du sport va se resserrer. Il sait dans quoi il s'embarque et il n'a peur de rien. Marcel, c'est un brasseur de cage!»
Évolution
Passionné de sport olympique, le médecin estime également que l'élection d'un francophone confirme une certaine évolution au sein du COC. «Il y a une quarantaine d'années, cet organisme était sclérosé et essentiellement anglo-saxon. Ça démontre qu'il y a eu du changement.»
Finalement, le Dr Grenier cite l'exemple des Jeux de Calgary et de ceux d'Albertville pour expliquer à quel point le fait d'avoir quelqu'un de la région à la tête du Comité olympique peut être facilitant pour une éventuelle candidature.
«Quand le Dr Roger Jackson présidait le COC, de 1978 à 1988, il a amené les Olympiques à Calgary. Ça a été la même chose pour l'ex-skieur Jean-Claude Killy, qui a joué un rôle important dans la présentation des Jeux de 1992 à Albertville», conclut-il.
Publié par : Marcel Charland
à 06:07:44
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